Pour devenir Mon Accompagnateur Rénov’, un professionnel doit obtenir un agrément de l’Anah, instruit par l’Anah ou sa délégation locale, en prouvant qu’il détient le signe de qualité exigé, qu’il reste indépendant des entreprises de travaux et qu’il dispose des moyens humains pour son périmètre d’intervention. Cet agrément dure cinq ans au maximum et reste contrôlé après son octroi. Cet article détaille les profils admis, les qualifications, le dossier et les obligations qui suivent.
Le rôle de Mon Accompagnateur Rénov’ dans les aides à la rénovation
L’accompagnateur guide un ménage tout au long de son projet de rénovation énergétique, de l’audit au suivi du chantier. Pour certaines aides, l’Anah vérifie que l’accompagnateur choisi est bien agréé au moment où la demande de subvention est déposée. Sans agrément valide, le ménage ne peut donc pas s’appuyer sur lui pour ces aides.
Côté propriétaire, le parcours est détaillé dans notre guide sur l’accompagnement côté propriétaire. Ici, on se place du côté du professionnel qui veut obtenir l’agrément.
Quels professionnels peuvent devenir accompagnateur rénov
Le candidat doit détenir un signe de qualité prévu à l’article R.232-5 du code de l’énergie, ou bien être une collectivité ou un groupement de collectivités. L’agrément se demande donc au nom d’une structure, avec des implantations territoriales et des moyens humains précis.
Le périmètre d’intervention demandé doit correspondre à ces implantations et à ces moyens. Un candidat qui vise un département sans équipe sur place voit son dossier se fragiliser.
Un candidat qui dispose seulement d’une qualification probatoire n’est pas éligible jusqu’au 30 juin 2026. Comme pour un autre métier encadré, l’accès au métier d’agent immobilier par exemple, les conditions d’entrée se vérifient avant tout investissement.
Une fois la structure identifiée, il reste à choisir la forme de l’activité : choisir son statut juridique pèse sur la responsabilité et la fiscalité, même si le cadre d’un meublé loué n’est pas celui d’un accompagnateur.
Compétences et qualifications attendues avant la demande
Le signe de qualité est la pièce maîtresse du dossier. Il atteste d’une compétence en rénovation énergétique et conditionne la recevabilité de la candidature. Le texte de l’arrêté ne détaille pas la formation, sauf pour la qualification probatoire, qui renvoie au décret n°2018-416 du 30 mai 2018.
Avant de déposer, quelques vérifications évitent un refus :
- le signe de qualité est en cours de validité et couvre l’activité d’accompagnement visée ;
- la qualification n’est pas une simple qualification probatoire, non éligible jusqu’au 30 juin 2026 ;
- les équipes en place suffisent pour le territoire demandé, avec des personnes identifiées pour chaque mission.

Neutralité vis-à-vis des entreprises de travaux
L’accompagnateur conseille le ménage sans être lié aux entreprises qui réaliseront les travaux. C’est l’indépendance de l’accompagnateur qui justifie la confiance de l’Anah et des ménages. Un professionnel qui réalise lui-même des chantiers doit donc organiser son activité d’accompagnement de façon à la séparer de son activité de travaux.
Les modalités exactes de cette séparation se vérifient dans la grille de l’Anah avant de monter le dossier. Une structure qui mélange les deux rôles s’expose à un refus à l’instruction ou à un retrait ensuite.
Monter le dossier d’agrément auprès de l’Anah
La demande s’adresse à l’Anah ou à sa délégation locale, qui l’instruit. Le dossier utilise les annexes de l’arrêté : l’annexe V pour une demande initiale, l’annexe VI pour un renouvellement. Dans leur version modifiée, elles s’appliquent aux dossiers déposés à partir du 1er octobre 2025.
Le texte ne fixe pas de délai d’instruction pour l’Anah. En revanche, les pièces demandées doivent arriver sous un mois, faute de quoi la demande est rejetée. Mieux vaut donc réunir le dossier complet avant le dépôt plutôt que de le compléter au fil des échanges.
Le cadre repose sur l’arrêté du 25 avril 2025, publié au Journal officiel du 15 mai 2025, qui modifie l’arrêté du 21 décembre 2022. Le comité régional de l’habitat et de l’hébergement n’émet plus d’avis préalable, il est seulement informé des décisions concernant un nouvel opérateur.

Durée de l’agrément, contrôles et retrait
L’agrément est accordé pour cinq ans maximum, que la demande soit initiale ou qu’il s’agisse d’un renouvellement. L’accompagnateur doit signaler sans délai tout changement notable de sa situation.
Le contrôle de la structure peut se faire sur pièces ou sur place, à tout moment après l’octroi de l’agrément. Par ailleurs, l’Anah vérifie la validité de l’agrément au dépôt de la demande de subvention d’un ménage, et à nouveau à la décision d’octroi en cas de pratique frauduleuse.
Une suspension en urgence, fondée sur l’article R.232-6, suit une procédure distincte de celle du retrait, dont l’arrêté précise les motifs. L’opérateur informe alors sans délai les ménages concernés. Un retrait ou une suspension en cours de prestation ne remet pas en cause la validité de l’accompagnement déjà réalisé, et un autre opérateur agréé peut prendre le relais pour les prestations restantes.
Avant de lancer la démarche, il reste à relire l’annexe correspondant à sa situation et à vérifier la date d’expiration de son signe de qualité, car un agrément ne survit pas à la perte de la condition sur laquelle il repose.

