Un dégât des eaux un dimanche soir, une fuite repérée trop tard sous l’évier, un cambriolage pendant les vacances : c’est dans ces moments-là qu’on découvre ce que couvre vraiment son contrat d’assurance multirisque habitation. Ce contrat, souvent abrégé MRH, regroupe dans un seul document plusieurs garanties qui protègent le logement, les biens et la responsabilité civile de l’occupant. Encore faut-il comprendre comment il fonctionne concrètement, ce qu’il coûte et où se cachent les mauvaises surprises.
Surprime catastrophes naturelles : ce qui a changé depuis janvier 2025
Avant de détailler les garanties, un point mérite d’être posé d’entrée parce qu’il touche toutes les cotisations en cours. La surprime « catastrophes naturelles » (Cat Nat), incluse dans chaque contrat MRH, est passée de 12 % à 20 % des primes liées aux dommages aux biens pour les contrats conclus ou renouvelés à partir du 1er janvier 2025.
Cette hausse est réglementaire. Elle ne dépend ni du profil de l’assuré, ni de la sinistralité du logement, ni de l’assureur choisi. Concrètement, sur un avis d’échéance, on constate une ligne Cat Nat nettement plus lourde qu’avant, même si aucun sinistre n’a été déclaré dans la commune.
L’impact se cumule avec la tendance générale du marché. D’après le bilan 2025 de France Assureurs, la fréquence globale des sinistres habitation a diminué, mais leur coût moyen a augmenté. Les incendies sont devenus le premier poste d’indemnisation, devant les dégâts des eaux. En clair, on paie plus cher pour des sinistres moins fréquents mais plus dévastateurs.

Contrat MRH : les garanties qui comptent au quotidien
Le contrat d’assurance multirisque habitation fonctionne par blocs de garanties. Certains sont inclus de base, d’autres sont optionnels. La difficulté, c’est que deux contrats portant le même nom générique peuvent offrir des niveaux de couverture très différents.
Le socle commun à la plupart des contrats
On retrouve presque systématiquement les garanties suivantes dans un contrat MRH standard :
- Dégât des eaux (fuite, débordement, infiltration par toiture) : c’est le sinistre le plus fréquent en habitation, et celui qui génère le plus de déclarations chaque année.
- Incendie, explosion, foudre : la garantie couvre les dommages directs au bâti et au contenu, y compris les frais de relogement temporaire dans beaucoup de contrats.
- Vol et vandalisme : généralement conditionné à des moyens de protection (serrure certifiée, volets, alarme selon les cas). Un cambriolage sans effraction peut être exclu.
- Responsabilité civile habitation : elle prend en charge les dommages causés à des tiers par l’assuré, un membre du foyer ou même un animal domestique.
- Catastrophes naturelles et tempêtes : deux garanties distinctes, avec des mécanismes de déclenchement différents (la Cat Nat nécessite un arrêté interministériel, pas la tempête).
Les garanties optionnelles à évaluer
Bris de glace étendu, vol hors domicile, dommages électriques, assistance juridique, protection des appareils nomades : ces options font grimper la cotisation mais peuvent éviter des restes à charge lourds. L’arbitrage se fait au cas par cas selon la valeur des biens et la configuration du logement.
Un point souvent négligé : la garantie « dommages électriques » couvre la surtension sur les appareils électroménagers et informatiques. Dans un logement équipé d’une installation ancienne, cette option peut se justifier rapidement.
Franchises et plafonds : les pièges à vérifier dans le contrat MRH
C’est dans les conditions particulières que se joue la qualité réelle d’un contrat d’assurance multirisque habitation. Deux éléments déterminent le montant effectivement remboursé en cas de sinistre : la franchise et le plafond d’indemnisation.
Franchise contractuelle et franchise légale Cat Nat
La franchise contractuelle (dégât des eaux, vol, incendie) est librement fixée par l’assureur. On peut souvent choisir entre une franchise basse avec une cotisation plus élevée, ou l’inverse. En revanche, les franchises Cat Nat sont encadrées par la loi et ne se négocient pas. Elles sont sensiblement plus élevées pour les dommages liés à la sécheresse et à la réhydratation des sols que pour les autres événements naturels.
Cette distinction est capitale pour les propriétaires de maisons individuelles construites sur sol argileux. En cas de fissures liées à un épisode de sécheresse, la franchise légale peut représenter un montant significatif, ce qui laisse un reste à charge parfois surprenant.
Plafonds d’indemnisation et valeur déclarée
Chaque garantie est assortie d’un plafond. Le piège classique : sous-estimer la valeur du contenu mobilier lors de la souscription. Si le capital mobilier déclaré est trop bas, l’indemnisation sera plafonnée en dessous du préjudice réel, même avec un contrat apparemment complet.
Conserver les factures des biens de valeur reste le réflexe le plus efficace pour accélérer et augmenter l’indemnisation. Sans justificatif, l’expert appliquera une décote ou un barème forfaitaire.

Cotisation MRH : ce qui fait varier le prix du contrat
Le montant annuel d’un contrat MRH dépend de plusieurs paramètres croisés. On ne peut pas donner un prix unique, mais on peut identifier les variables principales.
La localisation du logement pèse lourd. Une adresse en zone inondable ou dans une commune à forte sinistralité cambriolage entraîne une cotisation supérieure. Depuis quelques années, les assureurs affinent leur tarification en intégrant les projections climatiques locales, pas seulement l’historique des sinistres.
La surface, le nombre de pièces, le statut (propriétaire ou locataire), le type de logement (appartement ou maison) et le niveau de garanties choisi complètent le calcul. Un locataire en appartement paiera sensiblement moins qu’un propriétaire de maison avec dépendances et piscine.
La tendance générale est à la hausse. Les cotisations habitation ont augmenté au-delà de l’inflation ces dernières années, et les projections pour les prochaines échéances vont dans le même sens. Comparer les offres à chaque renouvellement n’est plus une option, c’est une nécessité.
Souscription et résiliation d’un contrat multirisque habitation
Délais et pièces à fournir
Pour souscrire un contrat MRH, on fournit généralement un descriptif du logement (surface, nombre de pièces, étage, type de chauffage), une estimation du capital mobilier, et une information sur les antécédents de sinistres. La couverture peut démarrer dès le lendemain de la signature, selon les assureurs.
Pour les locataires, l’attestation d’assurance habitation est exigée à la remise des clés. Sans ce document, le bailleur peut refuser l’entrée dans les lieux. Les propriétaires occupants n’ont aucune obligation légale de souscrire une MRH, mais s’en passer revient à supporter seul l’intégralité des dommages en cas de sinistre.
Résiliation : les règles en vigueur
Depuis la loi Hamon, tout contrat MRH peut être résilié à tout moment après la première année, sans frais ni pénalités. Le nouvel assureur se charge des démarches de résiliation auprès de l’ancien. Le changement prend effet un mois après la notification.
À l’échéance annuelle, l’assureur doit envoyer un avis au moins deux mois avant la date de renouvellement. Si cet avis arrive en retard (ou pas du tout), on dispose de 20 jours après l’envoi pour résilier, même après la date d’échéance.
Garantie Cat Nat et garantie tempête : deux mécanismes distincts
La confusion entre ces deux garanties est fréquente, et elle a des conséquences directes sur l’indemnisation. La garantie tempête s’applique dès que les vents dépassent un certain seuil, sans formalité administrative particulière. On déclare le sinistre, l’expert intervient, l’indemnisation suit.
La garantie catastrophes naturelles fonctionne différemment. Elle n’intervient qu’après la publication d’un arrêté interministériel reconnaissant l’état de catastrophe naturelle dans la commune concernée. Tant que cet arrêté n’est pas publié au Journal officiel, la garantie ne se déclenche pas, même si les dommages sont visibles.
Autre subtilité : la grêle, bien qu’elle soit un phénomène naturel, relève généralement de la garantie tempête ou événements climatiques, pas du régime Cat Nat. Les retours varient sur ce point selon les contrats, d’où la nécessité de lire les conditions particulières.
Pour un propriétaire de maison individuelle, vérifier ces deux garanties séparément dans son contrat MRH permet d’éviter de découvrir une exclusion au pire moment. Les zones exposées à la sécheresse méritent une attention particulière, compte tenu des franchises légales élevées qui s’appliquent.
Le formulaire ci-dessous vous permet de recevoir gratuitement des devis adaptés à votre logement. Remplissez-le en quelques minutes pour être rappelé par un professionnel qui pourra analyser vos besoins et vous orienter vers le contrat MRH le plus pertinent.

